
L'inflation jugée durablement persistante par les marchés de prédiction
Ce qui s'est passé
Selon un article de CNBC du 12 octobre, les marchés de prédiction estiment que l'inflation américaine a probablement atteint son pic pour l'année 2026, mais qu'elle restera collante, c'est-à-dire durablement supérieure à l'objectif des banques centrales. Les anticipations suggèrent que l'inflation sous-jacente, hors alimentation et énergie, a très peu de chances de retomber à 2,2% cette année. Ce constat intervient alors que la Réserve fédérale cherche à calibrer sa politique monétaire entre lutte contre l'inflation persistante et soutien à l'activité. Cette persistance interroge la capacité des outils monétaires classiques à ramener rapidement l'inflation vers sa cible.
Les enjeux
Une inflation durablement supérieure à la cible de 2% oblige les banques centrales à maintenir des taux directeurs élevés, pesant sur l'investissement et l'emploi. Le phénomène interroge la crédibilité des banques centrales et l'ancrage des anticipations d'inflation des ménages et des entreprises. Il relance le débat entre explications conjoncturelles (chocs d'offre, énergie) et structurelles (marché du travail tendu) de l'inflation persistante. Les marchés financiers ajustent leurs stratégies selon ces anticipations, ce qui peut amplifier la volatilité des taux et des devises.
Auteurs à mobiliser
Olivier Blanchard — Macroeconomics (diverses éditions depuis 1997)
La persistance de l'inflation dépend de l'ancrage des anticipations : si les agents anticipent une inflation durablement élevée, celle-ci s'auto-réalise via les boucles prix-salaires. Il montre que la désinflation est d'autant plus coûteuse en emploi que les anticipations sont mal ancrées, ce qui éclaire le phénomène d'inflation collante. Anticipations auto-réalisatrices et courbe de Phillips augmentée. Dissertation sur politique monétaire, arbitrage inflation-chômage.
Lien avec le programme
Module : 4 — Déséquilibres, régulation et action publique
Chapitre : 4.1 — Équilibres et déséquilibres macroéconomiques