
Soudan : El-Fasher, un an après sa chute, décrite comme une « ville fantôme »
Ce qui s'est passé
Le 26 octobre 2025, après plusieurs mois de siège, les Forces de soutien rapide (FSR) se sont emparées d'El-Fasher, dans l'ouest d'un Soudan en guerre depuis avril 2023 entre les FSR et l'armée soudanaise. Le 19 février 2026, une mission internationale indépendante d'établissement des faits mandatée par l'ONU a conclu à des « signes distinctifs d'un génocide » sur place. Douze mois après la chute de la ville, aucun bilan humain fiable n'a pu être établi. Acteurs humanitaires, observateurs et rescapés décrivent désormais la capitale du Darfour-Nord comme une « ville fantôme » à la population brisée.
Les enjeux
La chute d'El-Fasher en octobre 2025 a marqué la mainmise des FSR sur l'ensemble du Darfour, région déjà marquée par le génocide des années 2000, dans un conflit qui oppose depuis avril 2023 cette milice paramilitaire à l'armée soudanaise pour le contrôle du pouvoir central. Pour les populations civiles du Darfour-Nord, la mission d'établissement des faits mandatée par l'ONU a conclu en février 2026 à des signes distinctifs de génocide, ce qui engage la responsabilité internationale face aux FSR et pourrait fonder des poursuites pénales. Un an après les faits, aucun bilan humain fiable n'a pu être établi et l'accès humanitaire reste limité, ce qui illustre les difficultés persistantes à documenter et à faire cesser les violences dans un Soudan fragmenté entre plusieurs zones de contrôle militaire.
Auteurs à mobiliser
Gérard Prunier - Darfour, un génocide ambigu (2005)
Gérard Prunier montre que les violences du Darfour résultent de l'instrumentalisation par le pouvoir central de rivalités locales entre populations arabophones et africaines autour de la terre et des ressources, brouillant la frontière entre guerre civile, nettoyage ethnique et génocide. Cette lecture éclaire pourquoi l'ONU ne parle que de « signes distinctifs » de génocide à El-Fasher, les logiques de pouvoir s'y mêlant à l'ethnicité. Le génocide « ambigu » du Darfour, entre ethnicité et logiques de pouvoir. À mobiliser sur les conflits africains, les crimes de masse et la responsabilité de protéger.
Lien avec le programme
Module : III - Géodynamique de l’Union européenne, de l’Afrique, du Proche et du Moyen-Orient
Chapitre : III.2 - Le continent africain, le Proche et le Moyen-Orient