
Inde : la fuite des capitaux étrangers malgré une croissance solide
Ce qui s'est passé
La Reserve Bank of India devait relever ses taux d'intérêt, une première depuis près de quatre ans, pour contenir une inflation qui remonte sous l'effet d'un pétrole proche de 100 dollars le baril. La roupie indienne se rapproche de son plus bas niveau historique face au dollar, signe de tensions sur les marchés des changes. Dans ce contexte, les investisseurs étrangers réduisent leur exposition aux actifs indiens malgré une croissance économique qui reste pourtant solide. Ce paradoxe illustre la vulnérabilité persistante des économies émergentes face aux chocs externes.
Les enjeux
Ce cas illustre le dilemme classique des banques centrales émergentes entre lutte contre l'inflation et soutien à la croissance. La fuite des capitaux révèle la fragilité structurelle des pays émergents face aux chocs externes comme le prix du pétrole. Cette situation interroge la crédibilité de la politique monétaire indienne aux yeux des marchés financiers internationaux. Elle illustre les tensions entre ouverture financière et stabilité macroéconomique propres à la mondialisation financière.
Auteurs à mobiliser
Robert Mundell — Capital Mobility and Stabilization Policy under Fixed and Flexible Exchange Rates (1963)
Un pays ne peut poursuivre simultanément trois objectifs : change fixe, mobilité des capitaux et politique monétaire autonome. Le triangle d'incompatibilité de Mundell explique pourquoi l'Inde, ouverte aux capitaux étrangers, doit sacrifier une partie de son autonomie monétaire pour défendre sa monnaie face aux sorties de capitaux. Le trilemme de Mundell reste la grille de lecture centrale des crises monétaires émergentes. À mobiliser en dissertation sur la mondialisation financière ou en oral sur les politiques de change des émergents.
Lien avec le programme
Module : 3 — La mondialisation économique et financière
Chapitre : 3.2 — La dynamique de la mondialisation financière