
Bosnie-Herzégovine : Milorad Dodik revendique la victoire du nationalisme serbe
Ce qui s'est passé
Dimanche 4 octobre 2026, des élections générales se sont tenues en Bosnie-Herzégovine, pays toujours structuré par les accords de Dayton de 1995 en deux entités : la Republika Srpska à majorité serbe et la Fédération croato-bosniaque. Milorad Dodik, figure pro-russe de la politique serbe locale, a revendiqué la victoire de son parti dans l'entité serbe, malgré une participation en net recul. Ce scrutin confirme la permanence des clivages ethniques trente ans après la guerre de Bosnie et relance les inquiétudes sur la fragilité institutionnelle du pays. L'influence russe dans les Balkans occidentaux, via des relais politiques comme Dodik, reste un sujet de préoccupation pour l'Union européenne.
Les enjeux
La Bosnie-Herzégovine reste un terrain d'affrontement d'influence entre l'Union européenne et la Russie dans les Balkans occidentaux. La victoire de Dodik fragilise davantage des institutions déjà paralysées par le système de partage du pouvoir ethnique issu de Dayton. Ce scrutin interroge la crédibilité du processus d'adhésion de la Bosnie à l'UE, conditionné à des réformes institutionnelles bloquées. Le cas bosnien illustre les limites des architectures de paix post-conflit lorsque les clivages identitaires perdurent.
Auteurs à mobiliser
Paul Garde — Vie et mort de la Yougoslavie (1992)
L'éclatement de la Yougoslavie résulte de la manipulation politique des identités ethniques plus que d'une fatalité culturelle. Garde montre comment les élites nationalistes ont instrumentalisé les appartenances ethniques pour conquérir le pouvoir, mécanisme toujours à l'œuvre chez Dodik. Les divisions bosniennes sont un héritage politique construit, non une fracture culturelle immuable. Utilisable en dissertation sur les conflits identitaires en Europe ou les limites des architectures de paix post-conflit.
Lien avec le programme
Module : I — Les grandes mutations du Monde de 1913 à nos jours
Chapitre : I.2 — Le monde depuis les années 1990 : entre ruptures et recompositions géopolitiques