
Colombie : dix ans après l'accord de paix, la reprise des armes interroge
Ce qui s'est passé
En 2016, le gouvernement colombien et la guérilla des FARC signaient un accord de paix censé mettre fin à plus de cinquante ans de guerre civile. Dix ans plus tard, le 26 septembre 2026, Mathilde Allain, spécialiste de science politique à l'IHEAL, dresse sur RFI un bilan de cette décennie marquée par une reprise progressive des armes. Cette évolution révèle les limites de l'application des accords dans des territoires où l'État reste peu présent et où l'économie de la coca perdure. Le cas colombien, souvent cité comme modèle international, nourrit ainsi un débat sur la solidité réelle des processus de paix négociés.
Les enjeux
Ce bilan interroge la capacité des accords de paix à transformer durablement des structures de violence enracinées depuis des décennies. Il souligne le rôle des dynamiques territoriales et économiques informelles, notamment le narcotrafic, dans la persistance des conflits post-accord. Il questionne la solidité des garanties de sécurité offertes aux anciens combattants démobilisés, souvent jugées insuffisantes. Ce cas colombien nourrit la réflexion comparative sur d'autres processus de paix en cours, notamment en Ukraine.
Auteurs à mobiliser
Johan Galtung — Peace by Peaceful Means (1996)
Galtung distingue la paix négative, simple absence de violence directe, de la paix positive, fondée sur la justice structurelle et la réconciliation durable. Le cas colombien illustre une paix négative fragile : la signature de l'accord n'a pas résolu les causes structurelles, terre, pauvreté, narcotrafic, expliquant la reprise des armes. Paix positive versus paix négative : signer un accord ne suffit pas à éradiquer la violence. Mobilisable en dissertation sur la pérennité des processus de paix, en comparaison avec l'Ukraine ou d'autres conflits.
Lien avec le programme
Module : IV — Géodynamique continentale des Amériques et de l’Asie
Chapitre : IV.1 — Les Amériques