
Sanctions russes : la famille Mulliez contrainte de réévaluer en urgence Adeo, maison mère de Leroy Merlin
Ce qui s'est passé
La Russie a placé Leroy Merlin Russie sous administration temporaire, une mesure qui prive de facto la famille Mulliez du contrôle de cette filiale. Cette décision contraint le groupe familial à revoir en urgence la valorisation d'Adeo, la maison mère de l'enseigne de bricolage, avec des répercussions directes sur les nombreux salariés actionnaires de l'entreprise. Cet épisode illustre les conséquences économiques concrètes des sanctions et contre-sanctions liées à la guerre en Ukraine sur les entreprises occidentales encore implantées en Russie. Il s'inscrit dans une vague plus large de nationalisations d'actifs étrangers décidée par Moscou.
Les enjeux
Cette affaire illustre les risques concrets pour les entreprises occidentales ayant maintenu une présence en Russie malgré le conflit en Ukraine. Elle pose la question du coût économique des sanctions et contre-sanctions pour les groupes privés, au-delà des seuls Etats. Elle interroge les stratégies de gouvernance des groupes familiaux face à des risques géopolitiques devenus centraux dans l'évaluation d'actifs internationaux.
Auteurs à mobiliser
Dani Rodrik — The Globalization Paradox (2011)
Le trilemme de la mondialisation énonce qu'on ne peut concilier simultanément intégration économique mondiale, souveraineté nationale et démocratie. Le cas Leroy Merlin/Adeo illustre comment la souveraineté russe, via la nationalisation d'actifs, percute directement l'intégration économique mondiale des entreprises occidentales. Le trilemme de Rodrik éclaire les tensions structurelles entre mondialisation et souveraineté étatique. À mobiliser dans une dissertation sur la démondialisation, la fragmentation géoéconomique ou les risques pour les multinationales.
Lien avec le programme
Module : 3 — La mondialisation économique et financière
Chapitre : 3.1 — La dynamique de la mondialisation économique