
Le Nicaragua supprime la vice-présidence et instaure des « désignés présidentiels »
Ce qui s'est passé
L'Assemblée nationale du Nicaragua a approuvé en première législature un amendement modifiant l'article 126 de la Constitution. Cette réforme supprime la figure du vice-président de la République et crée celle de « désignés présidentiels » (designados presidenciales). Le texte doit encore franchir une seconde lecture parlementaire avant d'entrer en vigueur. Le dirigeant d'opposition Félix Maradiaga a dénoncé une manœuvre visant, selon lui, à organiser une « succession dynastique » au sommet de l'État.
Les enjeux
Depuis le retour au pouvoir de Daniel Ortega en 2007, la Constitution nicaraguayenne a déjà été modifiée à plusieurs reprises pour renforcer le contrôle de l'exécutif sur les institutions, notamment en supprimant la limitation des mandats présidentiels. La suppression de la vice-présidence, actuellement occupée par Rosario Murillo, épouse du président, ouvre la voie à un dispositif de succession organisé en dehors des mécanismes électoraux classiques, au bénéfice du cercle présidentiel. Cette réforme ne rencontre pour l'instant qu'une opposition verbale, portée depuis l'exil par des figures comme Félix Maradiaga, l'essentiel des contre-pouvoirs internes ayant été démantelé ou réduit au silence ces dernières années.
Vocabulaire
- enmienda →
- amendement
- designados presidenciales →
- désignés présidentiels
- sucesión dinástica →
- succession dynastique
- primera legislatura →
- première législature (première lecture)
- dirigente opositor →
- dirigeant de l'opposition
2 sujets possibles
- •L'évolution constitutionnelle du régime Ortega-Murillo au Nicaragua depuis 2007
- •Les mécanismes de personnalisation du pouvoir en Amérique centrale