Maroc : la nouvelle cheffe du gouvernement face au défi du financement de ses promesses sociales
Ce qui s'est passé
Le nouveau gouvernement marocain dirigé par Fatima-Ezzahra El Mansouri a présenté un agenda social inédit, promettant la création d'un million d'emplois et l'instauration de retraites minimales fixées à 3000 dirhams. Cette annonce s'accompagne d'une hausse du salaire minimum garanti et d'une baisse annoncée des impôts, un pari économique ambitieux dans un royaume marqué par de fortes inégalités sociales. La question centrale reste celle du financement de ce programme, alors que les marges budgétaires de l'État marocain demeurent contraintes.
Les enjeux
Ce pari social illustre les tensions entre attentes populaires croissantes et contraintes budgétaires dans les économies émergentes du Maghreb. La capacité du Maroc à financer ces réformes conditionnera sa stabilité politique et son attractivité pour les investisseurs internationaux. Cet épisode interroge le modèle de développement marocain, entre ouverture économique internationale et redistribution sociale interne.
Auteurs à mobiliser
Pierre Vermeren — Le Maroc de Mohammed VI, la transition inachevée (2009)
Vermeren analyse comment la monarchie marocaine pilote des réformes économiques et sociales tout en préservant le contrôle politique du système. Il montre que les promesses sociales marocaines s'inscrivent dans une logique de légitimation du pouvoir plus que de rupture structurelle réelle. Les réformes sociales marocaines restent contraintes par la logique de préservation du système politique en place. Mobilisable en dissertation sur le développement au Maghreb ou en oral sur les limites des réformes sociales dans les monarchies arabes.
Lien avec le programme
Module : III — Géodynamique de l’Union européenne, de l’Afrique, du Proche et du Moyen-Orient
Chapitre : III.2 — Le continent africain, le Proche et le Moyen-Orient