
La Banque de France appelle à "avoir un budget" face au ralentissement économique
Ce qui s'est passé
Interrogé sur Public Sénat, le gouverneur de la Banque de France Emmanuel Moulin a dressé le constat d'une économie française en perte de vitesse, marquée par une croissance faible mais positive, estimée à 0,4 % pour 2026. Il a appelé le gouvernement à disposer enfin d'un budget, dans un contexte où l'instabilité politique complique l'adoption des textes financiers. Ce message intervient alors que la situation budgétaire de la France continue de se dégrader, avec une dette publique et un déficit sous surveillance des marchés et des partenaires européens. Le gouverneur cherche ainsi à rassurer sur l'absence de récession tout en insistant sur l'urgence d'un cadre budgétaire clair.
Les enjeux
La crédibilité budgétaire de la France conditionne la confiance des marchés obligataires et le coût de financement de sa dette publique. L'absence de budget voté fragilise la capacité de l'État à mener une politique économique cohérente en période de ralentissement. Le rôle du gouverneur de la Banque de France illustre la frontière parfois ténue entre indépendance monétaire et pression sur la politique budgétaire. Cette situation questionne la soutenabilité de la trajectoire des finances publiques françaises dans un contexte de croissance atone.
Auteurs à mobiliser
Olivier Blanchard — Public Debt and Low Interest Rates (2019)
Quand le taux d'intérêt est inférieur au taux de croissance, la dette publique peut être soutenable sans effort d'austérité brutal. Blanchard relativise l'urgence d'un ajustement budgétaire drastique quand la croissance reste positive, ce qui éclaire le message nuancé du gouverneur, entre alerte et absence de récession. Soutenabilité de la dette : comparer taux d'intérêt et taux de croissance, pas seulement le niveau de dette. Mobilisable en dissertation sur la dette publique, la politique budgétaire ou le débat austérité versus relance.
Lien avec le programme
Module : 4 — Déséquilibres, régulation et action publique
Chapitre : 4.1 — Équilibres et déséquilibres macroéconomiques