
Algérie-Niger : un accord militaire pour renforcer la coopération sécuritaire au Sahel
Ce qui s'est passé
Le 21 octobre 2026, le ministre de la Défense du Niger a été accueilli à Alger par son homologue algérien. À l'issue de cette rencontre, les deux pays ont signé un « protocole d'accord » destiné à renforcer leur coopération militaire et sécuritaire. Cette visite fait suite à celles, antérieures, du président nigérien Abdourahamane Tiani et de son Premier ministre dans la capitale algérienne. Elle intervient environ deux mois après une mutinerie survenue à Niamey contre le pouvoir de Tiani, régime qui bénéficie depuis d'un soutien militaire de l'Algérie.
Les enjeux
Ce rapprochement prolonge la recomposition sahélienne enclenchée par le coup d'État de juillet 2023 à Niamey, qui a entraîné le retrait des troupes françaises et l'adhésion du Niger à l'Alliance des États du Sahel ; l'Algérie s'impose désormais comme partenaire sécuritaire de référence. Pour Abdourahamane Tiani, fragilisé par la mutinerie survenue deux mois plus tôt à Niamey, ce protocole offre une garantie extérieure face à de nouvelles déstabilisations ; pour Alger, il consolide son influence sur sa frontière sud et concurrence la présence russe installée au Mali voisin. Cette coopération reste bridée par la doctrine algérienne de non-ingérence militaire directe, héritée de son histoire postcoloniale, et par le flou juridique d'un simple protocole d'accord, moins contraignant qu'un traité ratifié ; l'influence croissante de la Russie au sein de l'AES limite la portée réelle du rapprochement.
Auteurs à mobiliser
Michel Foucher - Fronts et frontières, un tour du monde géopolitique (1991)
Foucher soutient que les frontières sont des constructions politiques héritées de rapports de force souvent coloniaux, dont la stabilité dépend de la capacité des États à les contrôler ; quand elle s'affaiblit, la frontière redevient un enjeu de rivalité entre puissances extérieures. Elle éclaire pourquoi la frontière algéro-nigérienne, longtemps zone tampon, devient l'objet d'un investissement militaire assumé par Alger, l'État nigérien restant fragilisé. La frontière comme construction politique réactivée par l'affaiblissement de l'État central. À mobiliser sur les frontières héritées de la colonisation ou les recompositions sécuritaires africaines.
Lien avec le programme
Module : III - Géodynamique de l’Union européenne, de l’Afrique, du Proche et du Moyen-Orient
Chapitre : III.2 - Le continent africain, le Proche et le Moyen-Orient