
L'OTAN expose sa « théorie de la victoire » face à un conflit potentiel avec la Russie
Ce qui s'est passé
Le général Alexus Grynkewich, commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR), a présenté lundi sa vision d'un éventuel affrontement militaire avec la Russie et la manière dont l'OTAN entendrait l'emporter. Sa doctrine articule trois piliers : la capacité de riposte immédiate, la fixation de lignes rouges claires et le refus de toute escalade incontrôlée. Cette prise de parole intervient dans un contexte de tensions sécuritaires persistantes entre l'Alliance et la Russie depuis l'invasion de l'Ukraine. Elle vise à rassurer les membres de l'Est tout en évitant une confrontation directe avec une puissance nucléaire.
Les enjeux
Cette doctrine illustre le dilemme classique de la dissuasion : convaincre l'adversaire de la détermination alliée sans déclencher une escalade incontrôlable. Elle révèle les divisions potentielles entre alliés sur le niveau de risque acceptable face à la Russie, entre Europe de l'Est et Europe de l'Ouest. Elle s'inscrit dans le débat sur l'autonomie stratégique européenne et la dépendance de l'Alliance envers les capacités militaires américaines.
Auteurs à mobiliser
Thomas Schelling — Arms and Influence (1966)
La dissuasion repose sur la crédibilité de la menace et la maîtrise de l'escalade plutôt que sur la seule puissance militaire brute. Schelling montre que fixer des lignes rouges claires et contrôler le rythme de l'escalade permet de dissuader sans déclencher un conflit généralisé, exactement la logique exposée par le SACEUR. La dissuasion est un jeu de communication stratégique autant qu'un rapport de forces militaires. Mobilisable en dissertation sur la sécurité européenne, la dissuasion nucléaire ou les relations OTAN-Russie.
Lien avec le programme
Module : III — Géodynamique de l’Union européenne, de l’Afrique, du Proche et du Moyen-Orient
Chapitre : III.1 — L’Union européenne, l’Europe et le monde