
Préférence européenne dans l'automobile : Macron mandate Michelin et BMW pour sauver un accord
Ce qui s'est passé
Emmanuel Macron a demandé personnellement, début septembre, à Florent Menegaux (Michelin) et Nicolas Peter (BMW) de rapprocher les positions des constructeurs et des équipementiers automobiles européens. L'objectif est de préserver les emplois de la filière face à la concurrence internationale, notamment chinoise. Faute d'accord entre industriels, les Vingt-Sept peinent à s'entendre sur le texte proposé par la Commission européenne concernant la préférence européenne. Cette médiation présidentielle illustre la difficulté de l'Union à construire une politique industrielle commune cohérente.
Les enjeux
Le dossier révèle les tensions entre équipementiers et constructeurs, dont les intérêts divergent sur le degré de protection du marché européen. Il met en lumière la difficulté de l'UE à construire une politique industrielle commune face à la pression concurrentielle chinoise. L'issue de la négociation conditionnera l'emploi industriel dans plusieurs pays européens, en particulier en France et en Allemagne. Ce cas illustre le dilemme entre libre-échange et protectionnisme ciblé au sein même du marché unique européen.
Auteurs à mobiliser
Elie Cohen — Le Colbertisme high-tech (1992)
L'État doit jouer un rôle actif de coordination et de soutien dans les secteurs industriels stratégiques face à la concurrence internationale. Il montre comment l'intervention publique française a historiquement structuré des filières industrielles entières, ce qui éclaire la démarche de Macron missionnant Michelin et BMW pour arbitrer la filière automobile européenne. Le volontarisme industriel public comme réponse aux défaillances de coordination entre acteurs privés concurrents. Utilisable en dissertation sur le rôle de l'État dans la politique industrielle ou sur la gouvernance économique européenne.
Lien avec le programme
Module : 3 — La mondialisation économique et financière
Chapitre : 3.3 — L'intégration européenne