
Zuckerberg s'engage à rester en Californie malgré la menace d'un impôt sur la fortune
Ce qui s'est passé
La Proposition 40, soumise au vote des Californiens le 3 novembre 2026, prévoit d'instaurer un impôt de 5% sur les grandes fortunes résidant dans l'État. À moins de deux semaines du scrutin, cette perspective inquiète la Silicon Valley. Mark Zuckerberg s'est engagé à rester en Californie pendant huit ans, même si la proposition est adoptée. Le PDG de Meta avait pourtant déclaré au conseil d'administration de l'entreprise qu'il envisageait de quitter l'État. Pour l'en dissuader, Meta a remanié sa structure actionnariale afin de l'aider à régler la facture fiscale sans qu'il perde le contrôle du groupe.
Les enjeux
Un impôt sur la fortune appliqué à l'échelle d'un seul État américain se heurte à la mobilité des contribuables les plus riches, qui peuvent changer de résidence fiscale pour y échapper ; c'est précisément ce risque que la Proposition 40 fait planer avant le vote du 3 novembre. Pour Mark Zuckerberg et le conseil d'administration de Meta, l'enjeu est de concilier son maintien en Californie avec le paiement de l'impôt sans dilution de son contrôle sur l'entreprise, ce que permet justement le remaniement de la structure actionnariale décidé par le groupe. D'autres grandes fortunes de la Silicon Valley pourraient choisir l'option inverse et quitter l'État si la proposition passe, ce qui limiterait le rendement attendu de l'impôt et nourrirait le débat sur l'efficacité d'une taxation du capital non coordonnée entre territoires.
Auteurs à mobiliser
Thomas Piketty - Le Capital au XXIe siècle (2013)
Piketty soutient que lorsque le rendement du capital (r) dépasse durablement la croissance (g), les patrimoines se concentrent plus vite que les revenus du travail, creusant les inégalités. Il préconise un impôt progressif sur le capital, à l'échelle la plus large possible, pour freiner cette dynamique. La Proposition 40 californienne est l'un des rares essais concrets d'un tel impôt sur le capital ; le cas Zuckerberg montre qu'une fortune mobile peut être retenue si l'entreprise organise elle-même le paiement, nuançant l'argument de la fuite des capitaux. r > g justifie pour Piketty un impôt progressif sur le capital. Dissertation sur les inégalités de patrimoine et la fiscalité du capital.
Lien avec le programme
Module : 4 - Déséquilibres, régulation et action publique
Chapitre : 4.2 - L'intervention économique des pouvoirs publics